Introduction

Le Bouddhisme jouit en Occident d’une popularité certaine. Il a davantage été considéré comme une philosophie que comme une religion. Notamment en France où il existe une profonde méfiance vis-à-vis de la religion en général ainsi qu’une laïcité très combative. Beaucoup d’intellectuels ont donc tenté une approche du Bouddhisme par la pratique individuelle de la méditation.
Les maîtres contemporains le décrivent comme une pratique apportant équilibre et sérénité dans le tourbillon de la vie moderne où l’individu, face aux changements trop rapides de la société, tend à perdre ses repères. La méditation est un élément essentiel de cette démarche vers la paix intérieure.
La pratique de certaines formes de Bouddhisme s’adapte bien au rythme de la société actuelle dans le sens où l’on peut en faire l’expérience sans vivre dans un monastère ni s’asseoir pour méditer durant des mois. Les voies sont nombreuses et permettent à chacun de trouver celle qui lui convient et de choisir ses propres contraintes.

La Scientologie a été définie comme une philosophie religieuse appliquée ; c’est aussi un système de pensée alliant la sagesse orientale au pragmatisme occidental. Il est clair qu’il existe des parentés religieuses significatives entre la pensée d’Hubbard et le Bouddhisme.
Les scientologues ont beaucoup de respect pour le phénomène religieux en général et pour le Bouddhisme en particulier. Interrogés à son sujet dans le cadre de cette étude, voici les réponses données par quelques-uns : “Je crois que c’est quelque chose de bien, qui apporte une certaine paix intérieure“. “J’aime bien le Bouddhisme parce que ce n’est pas une religion dogmatique, je crois que si je n’avais pas connu la Scientologie, je serais bouddhiste“. “Ce n’est pas une religion qui s’est imposée par la force, mais un mouvement pacifique, la Scientologie m’a donné une curiosité pour les mouvements spirituels et maintenant je connais un peu mieux le Bouddhisme“. Les scientologues savent que les enseignements du Bouddha constituent l’un des efforts les plus remarquables pour élever l’homme et qu’ils font partie de l’héritage spirituel de l’humanité dont ils sont redevables.

Quant aux bouddhistes, des centaines de moines au Népal ont adopté les techniques de la Scientologie, sans changer leur mode de vie1. Au Sri Lanka, suite au Tsunami de 2004, les ministres volontaires de Scientologie2 ont apporté leur aide à un projet d’installation de maisons préfabriquées ; cette activité fut supervisée conjointement par le Vénérable Moine Bouddhiste Wattegama Dhammawassa Thero et le Révérend Heber Jentzsch, président de l’Eglise de Scientologie Internationale.

Le Bouddhisme

Il y a plus de deux mille cinq cents ans, un homme qui avait recherché la vérité au cours d’innombrables vies, se rendit dans un lieu tranquille du Nord de l’Inde et s’assit sous un arbre. Animé d’une immense détermination, il fit le vœu de ne pas quitter ce lieu avant d’avoir trouvé la vérité. (…) Cet homme reçut la récompense de sa longue patience, de sa discipline et de sa concentration sans faille : il atteignit le but ultime de toute existence humaine, l’éveil. Il fut connu par la suite sous le nom de Bouddha3. Bouddha veut dire “éveillé”, et les bouddhas sont ceux qui atteignent cet état.

L’enseignement de tous les bouddhas
Est bien fondé sur les deux vérités :
La vérité conventionnelle du monde
Et la suprême et ultime vérité
“.

Arya Nagarjuna, XXIV, 8 du Prajnamula (sagesse)4

Bouddha, de son vrai nom Siddhârta Gautama Sakyamuni, prince du clan des Sakyas ; après avoir connu tout ce que son rang pouvait lui offrir en termes de pouvoir et d’agrément, il renonça aux biens de ce monde et décida de se consacrer à la quête intérieure. Il pensa que seule la liberté spirituelle pouvait éloigner la souffrance et apporter la sagesse.

Les fondements de son enseignement existaient déjà auparavant, ils étaient connus sous le nom de Dharma5 ; selon ces principes, un être qui atteint l’état de bodhi – c’est à dire la liberté spirituelle – est un Bouddha. Il y a eu beaucoup de “bouddhas”, dont le plus connu est Siddhârta Gautama. Il ne se prétendait ni prophète ni messager divin. Son système de pensée visait la compréhension de l’esprit humain et la perfection spirituelle - atteignable selon lui par toute personne - Bouddha fut un grand guide spirituel qui changea la face du monde, donnant le coup d’envoi à une nouvelle civilisation qui se répandit à travers l’Inde, les jungles du sud-est asiatique, le Japon et les contreforts de l’Himalaya.

Credo

Dans la doctrine primitive du Bouddhisme, il n’existe pas d’adoration d’un Dieu ni de révélation prophétique comme c’est le cas dans les grandes religions monothéistes. Le Bouddha se voyait comme un être humain ordinaire, parvenu à la vérité par la seule vertu de son intelligence et de sa force morale. Le Bouddhisme se présente donc comme un enseignement et non pas comme un message d’origine surnaturelle. Il n’y a pas de profession de foi ni de credo à proprement parler. L’Être spirituel est éternel. Chacun peut atteindre par la méditation et le détachement l’état de Boddhi6. Toute vie implique la souffrance, l’insatisfaction et, à l’origine, ces maux se trouvent dans le désir et les attachements. En arrivant à la perfection spirituelle, on atteint le Nirvana et l’on brise le cycle des naissances. Le Nirvana est un état de sérénité au-delà du désir, de la convoitise et de la souffrance, on y arrive par le travail sur soi-même, comme le fit le Bouddha Sakyamuni, ou avec l’aide d’un guru.

Quand le concept de “je” et de “mien” aura péri
Pour toutes les choses intérieures et extérieures
Toute convoitise de l’existence aura cessé
Et avec cette fin, les naissances prendront fin
En éliminant le Karma et les impuretés
Nous serons libérés

Le Karma et les émotions viennent des fausses perceptions
Lesquelles à leur tour naissent de l’existence elle-même
Et celles-ci seront éliminées par la vision du néant.

Nagarjuna

Vers 4 et 5 Ch. XVIII du Prajnamula, en français “sagesse”7

Toutes les choses composites sont périssables
L’essence de l’existence dans le cycle des naissances est la souffrance
Tous les phénomènes sont vides et sans substance
Le Nirvana est la paix.
8

Les quatre vérités de la philosophie de Bouddha

  1. La Souffrance :
    1. Etre en contact avec ce pour quoi on éprouve de l’aversion
    2. Etre séparé de ce pour quoi on éprouve de l’attraction, ne pas posséder ce que l’on désire
  1. Cause de la souffrance
    1. L’ignorance
    2. Le désir engendré par l’ignorance
    • Désir d’éprouver de nouveau des sensations agréables
    • Désir d’éviter les sensations désagréables (C’est un enchaînement sans fin, des désirs et des actions tant que l’ignorance subsiste)
  1. Fin de la souffrance :
  2. Quand on vient à bout de l’ignorance, se produit la fin du désir, comme le désir n’existe plus, il n’y a pas d’incitation à l’action. La cause ayant cessé, il n’y a plus de souffrance et la chaîne sans fin “désir action désir” est brisée. L’être est ainsi délivré du cycle des naissances.

  3. La voie :
  1. Acquisition de vues justes et compréhension des phénomènes suivants :
    • Impermanence9 de tous les agrégats10
    • Souffrance inhérente à tous les agrégats
    • Absence d’ego en tous les agrégats

  2. Compréhension des quatre vérités.

On parvient à l’acquisition des vues justes par l’observation et la réflexion de toutes les opérations de l’esprit, par une éthique sans faille, en reconnaissant ses propres responsabilités et en sachant quels actes doivent être accomplis et de quels actes l’on doit s’abstenir, en conformant sa conduite à ce qui est le plus souhaitable et qui représente le plus grand bien pour soi et pour les autres êtres. Cette observation parfaite va de pair avec la méditation parfaite, ascèse du corps et de l’esprit visant à l’obtention de la sérénité et de l’acuité des sens.


Ces principes, d’après la tradition, ont été préconisés par Siddhârta de son vivant. Ultérieurement, de nombreux éléments lui ont été ajoutés : il faut comprendre que Bouddha, comme Socrate, n’a pas laissé d’écrit. Son enseignement a été transmis oralement et il a été compilé bien après sa mort. Ceci explique qu’il y ait eu différentes écoles bouddhistes et même des conciles, des schismes et des sectes minoritaires. Le Bouddhisme a évolué comme continuation du Dharma et en coexistant avec d’autres apports dont la mythologie religieuse hindouiste. Bouddha a été adoré comme si c’était un dieu, ce qui est en complète contradiction avec sa doctrine, la version folklorique du Bouddhisme dans laquelle Bouddha rentre au panthéon des dieux de l’Inde et celle de moines n’est pas toujours la même et la doctrine de base a été occultée par l’addition d’éléments qui ne figurent pas dans les textes anciens et qui peuvent être expliqués par l’adaptation d’une philosophie à un milieu culturel différent. C’est notamment le cas dans le Zen au Japon ou dans le Bouddhisme tibétain où les mantras11 et les mandalas12 prennent une importance considérable.

Les principales écoles Bouddhistes

  1. Le Theravada : en pali13 “doctrine des anciens”, désigne la doctrine originelle du Bouddhisme, fondée sur les textes prononcés du vivant du Bouddha, adoptée par le premier concile après la mort de celui-ci et compilés parfois bien plus tard. (Canon Pali appelé la Triple Corbeille).
  2. Le Hinayana : appelé aussi le petit véhicule, yana veut dire moyen ou véhicule, dans ce cas, le moyen d’atteindre la perfection d’après les règles de vie et les méthodes des anciennes écoles monastiques, écoles qui se réclament d’une tradition remontant au Bouddha lui-même. Le Theravada est la seule école de ce grand mouvement a avoir survécu et le terme Theravada a supplanté progressivement le Hynayana.
  3. Le Mahayana : ou grand véhicule, déclare que le maître Gautama, n’avait pas dit toute sa pensée et il introduit des nouveaux éléments complémentaires comme celui de la double vérité, de l’apparence de l’enseignement ancien et de la vacuité.
  4. Le Tantrayana : appelé aussi Mantrayana (la voie des formules incantatoires) et le Vajrayana qui superpose des pratiques polythéistes et magiques et s’est développé surtout au Tibet depuis le VIII siècle jusqu’à l’invasion communiste vers 1950.

Ethique et moralité

L’éthique bouddhiste pousse à la prise de responsabilité et à la compréhension de ses actes. Il n’existe pas de notion de pêché, ni de culpabilité judéo-chrétienne. Cette façon de voir les choses est fondée sur le principe du Karma : d’après celui-ci, nous récoltons le fruit de nos actions, vie après vie, et nous avons toujours notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive. Le cycle des réincarnations nous permet de tirer les leçons de nos erreurs et de nous libérer progressivement de la convoitise et des comportements indésirables en agissant à chaque fois d’une façon plus harmonieuse et plus éthique.

La moralité, plus précisément l’habitude de se conduire selon les règles de la morale, habitude qui doit se cultiver sérieusement et longuement, est l’un des principaux éléments de la méthode de salut enseignée par le Bouddha. Elle est aussi le premier par ordre chronologique, puisqu’on doit la pratiquer avec grand soin et s’efforcer de la développer avant de mettre en application les autres éléments, les méditations et les facultés intellectuelles menant au nirvâna. C’est pourquoi les devoirs des fidèles laïcs consistent essentiellement à observer les cinq commandements moraux fondamentaux et à donner aux moines bouddhiques les aumônes de nourriture et d’autres choses dont ils ont strictement besoin pour subsister. Ces cinq commandements ordonnent de s’abstenir :

1- de tuer aucun être vivant, et non pas seulement des hommes ;
2- de prendre ce qui n’est pas donné ;
3- de se livrer à la luxure ;
4- de mentir ;
5- d’absorber des boissons alcoolisées.

Il s’agit là d’un minimum indispensable, à caractère négatif, qui est un premier pas dans la lutte contre les vices et les passions, plus précisément contre la méchanceté, la convoitise, le désir sexuel, la fourberie et l’intempérance. Cependant, la pratique des vertus actives est aussi vivement recommandée, en particulier la bonté, la compassion, le détachement, la maîtrise de soi, le calme, l’équanimité. De cette manière, le fidèle laïc peut entreprendre d’affaiblir ses passions en cultivant les vertus contraires. Il doit aussi veiller à ce que ses actes corporels et ses paroles soient tous conformes à la morale : par exemple, il ne doit ni frapper ni blesser un être vivant quelconque, ni prononcer une parole méprisante ou injurieuse. En conséquence, il doit renoncer à exercer des professions qui obligent à accomplir de tels actes, comme celles de boucher, de soldat, de bourreau. La pratique de la morale n’est pas recommandée aux seuls fidèles laïcs, mais elle est imposée encore plus fortement aux ascètes bouddhistes, sous ses formes positives et négatives. En effet, comme l’expliquent très clairement les beaux récits de l’Eveil qui a transformé le jeune Gautama en un bouddha, il faut d’abord supprimer, chasser de son esprit toutes les choses mauvaises, immorales, les pensées de désir et de malveillance, avant d’entreprendre la série des méditations. Il faut vider son esprit de toutes ces mauvaises pensées qui le souillent et le troublent, pour le préparer aux opérations qui le débarrasseront successivement des activités psychiques, intellectuelles et émotionnelles, qui l’agitent et le dispersent, qui l’empêchent de se concentrer et de s’unifier pour devenir enfin un pur et limpide miroir dans lequel pourront apparaître et briller de tout leur éclat les saintes vérités de la doctrine salvatrice. Autrement dit, la pratique de la morale est la condition nécessaire et préalable à l’exercice des méditations, et celles-ci forment la condition non moins nécessaire et préalable à la naissance de la sagesse“. André Bareau (Extrait de sa Conférence à Villebon le 11 juin 1989).

Guide spirituel

Beaucoup d’écoles différentes se sont développées à partir des enseignements de Bouddha. Gautama Siddharta avait trouvé la vérité de lui-même, mais dans certaines branches du Bouddhisme comme dans le Bouddhisme tibétain, on donne beaucoup d’importance à l’aide d’un maître spirituel ou guru ; ce mot sanscrit décrit celui qui transmet la connaissance, qui permet d’accéder à la vérité. Il est aussi synonyme d’enseignant, maître d’école, etc. dans de nombreux pays aujourd’hui.

Voici ce que pense le Dalaï Lama de la relation que le disciple devrait avoir avec son maître : “Le guru est une personne avec qui nous pouvons avoir un contact intime et avec qui nous avons une relation de maître à disciple. Il ne nous est possible de recevoir des enseignements et des instructions qu’à travers lui (…). Si l’on s’en remet à un guru pour qu’il nous guide, on se rapproche de l’état de conscience de Bouddha, et l’on accumule autant de mérite que si l’on faisait des offrandes à tous les bouddhas (…). Puisqu’il est ainsi, il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’obtention des réalisations et l’état résultant dépendent de la même manière dont on saura s’en remettre au guru.

Méditation

La méditation est une pratique fondamentale du Bouddhisme. Les mots ne sont pas le meilleur moyen de décrire ce genre d’expérience, mais dans les descriptions que nous avons en Occident, il est souvent question “d’être là” et de vider son esprit pour atteindre la paix intérieure et l’éveil. “Pour commencer, la méditation devrait durer une demi-heure, à la fin de la séance, nous ferons l’expérience de divers phénomènes, bons ou mauvais qui nous apporteront du bonheur ou de la souffrance. Nous devons développer autant que possible la certitude que ces phénomènes n’existent pas objectivement, qu’ils sont comme des illusions (…)“. “Cette méditation devrait se faire en quatre fois : à l’aube, le matin, en soirée et la nuit17 . Il n’y a pas de règle absolue en la matière, un moine ou quelqu’un faisant une retraite, pourra méditer de quatre à huit fois par jour. Un laïc qui travaille se contentera souvent d’une ou deux séances seulement.

Réincarnation

D’après les écoles bouddhistes, l’être se perfectionne au fur et à mesure de ses différentes vies, prenant un corps nouveau à chaque fois, jusqu’à atteindre la perfection, se libérant ainsi du cycle des naissances et de la loi du karma. “Tout ce qui arrive, que ce soit de façon individuelle ou collective, arrive à cause de la loi du Karma. Suivre le bon chemin portera ses fruits dans la prochaine vie.18

La nécessité des naissances produite par le Karma, trouve sa fin seulement dans l’élimination de tout Karma. Le Karma ne finira pas de lui-même, il finira seulement par notre éveil au-delà de toute illusion.19

En parlant de l’éveil : “cette attitude de l’esprit est infiniment précieuse (…). Il est donc bénéfique de la développer même si nous devons y consacrer un nombre incalculable de vies (…)“. Sa Sainteté le Dalaï Lama L’Eveil de Boddhicita.

L’Esprit

Le Bouddhisme ne cherche pas à disséquer et à cataloguer les éléments de la réalité. Il ne cherche pas non plus l’accumulation du savoir livresque ni l’érudition gratuite. Il cherche plutôt à dépasser la condition humaine et à saisir le monde avec un regard nouveau : le regard des vues justes au delà du voile des apparences ; la connaissance suprême au delà des mots et des concepts dans le vécu ultime brisant le karma et le cycle des naissances, un sommet atteint après d’innombrables vies par le sentier de l’observation de soi et des phénomènes du monde et par la pratique infatigable de la méditation. Le Bouddhisme est donc plus orienté vers une pratique réelle que vers une conceptualisation de la réalité, il va plus vers l’expérience concrète que vers la métaphysique ; il est à la source, complètement étranger à toute cosmogonie20 et à toute théologie. Il est parfaitement indifférent à la nature divine et aux rapports des dieux avec les hommes. Il ne s’attaque pas à la création de l’univers pour revenir à l’homme par la suite, mais au contraire, commence par l’homme et le regard qu’il porte sur le monde pour s’attaquer enfin au changement de ce regard. Autrement dit, il s’intéresse à l’esprit, à la perception que celui-ci a du monde et à la manière de faire évoluer cette perception en l’amenant à un état de conscience au delà des apparences et des illusions.

Nous pouvons voir que même des gens très fortunés qui possèdent tout ce que le bien-être matériel peut apporter, sont déprimés, anxieux et malheureux … alors que d’autres, dont la vie de tous les jours est pleine d’infortune ont un esprit heureux et jouissent de paix intérieure en donnant l’impression d’une grande sérénité”.(…) “L’esprit est bien plus important que le corps. Etant donné que c’est l’état de notre esprit qui dans une certaine mesure nous permet de faire l’expérience de la souffrance, nous devrions attacher beaucoup plus d’importance à notre façon de penser. La préparation de notre esprit est extrêmement importante“.21

Purification

L’idée de la purification est un élément essentiel de toute religion. Elle revêt des formes différentes, parfois liée au rituel mais surtout à l’idée de la perfection et, dans ce sens, le Bouddhisme n’échappe pas à la règle. Dans le Bouddhisme, il est question de purification dans le sens du parcours dans le Karma où l’observation d’une conduite droite et responsable vis-à-vis de ses actes permet d’avancer vers l’illumination ou l’ultime réalisation spirituelle.
Dès qu’il a atteint l’esprit de l’éveil, il acquiert d’infinies qualités telles que la purification des nombreuses fautes“. Dalaï Lama.

Compassion

Dans le Bouddhisme, on considère qu’aimer les autres et leur venir en aide est primordial. On doit aimer sans attachement et d’un amour universel. Il se peut que des êtres que nous avions rencontrés dans une vie passée se retrouvent dans notre entourage aujourd’hui ou croisent notre destin à nouveau dans une vie future. Ainsi le guerrier qui nous avait abattu jadis pourrait très bien se retrouver à nos côtés comme l’être aimé ou comme l’un de nos enfants aujourd’hui ou demain. Les notions de réincarnation et de Karma aident à considérer les êtres humains sous un autre angle : l’être revient sans cesse sur terre dans des corps d’homme, des corps de femme, dans la pauvreté ou la richesse ; un jour voleur, l’autre moine, aujourd’hui courtisane, demain roi ou paysan. Obéissant toujours à l’inéluctable loi du Karma, subissant les conséquences de ses actes passés, apprenant et se perfectionnant spirituellement à chaque fois. Plus un être a vécu toutes ces situations, plus il est à même de se mettre à la place des autres et de comprendre sans juger, sans haine. En se détachant de son ego, il pourra contempler l’enfant, l’assassin ou le guerrier et leur donner son amour universel en sachant que tout être, que tout fragment de poussière de l’univers fait partie d’un tout indivisible, le reste n’étant qu’illusion. “Entraîner notre esprit, renoncer aux excès en vivant en harmonie avec les autres et avec nous-mêmes garantira notre bonheur, même si notre vie de tous les jours est banale et si nous devions rencontrer l’adversité, les autres nous aideront car nous avons été bons et gentils. Nous ne devons pas oublier que même dans le plus pervers et cruel des êtres humains (…) il y a toujours une petite graine d’amour et de compassion qui fera un jour de lui un Bouddha22 .

  • “Qu’est-ce que la compassion ? lui ai-je demandé
  • Vous reconnaître en tout autre être humain et respecter le droit au bonheur de tout être vivant
  • Ne croyez-vous pas, vous les bouddhistes, que la compassion soit la clé de l’éveil ?
  • Oui, car elle fait tomber des barrières de toutes sortes et à la fin détruit la notion du “moi” séparé. Mais, ceci est une affaire de Bouddhisme. La compassion est essentielle pour tout le monde, elle est la clé d’une vie heureuse. Un monde sans compassion n’est pas un monde humain” (…). Le Christianisme possède un sens très important et très beau d’être au service des autres. Ce service envers les autres est essentiel. Les Bouddhistes pensent souvent que la méditation suffit. (…) La méditation n’est pas assez. Nous devons aider les autres. La compassion doit être effective, autrement c’est de la paresse. ” 23

Motivation

Le but est l’obtention de la perfection spirituelle. Par la méditation, il est possible de vider l’esprit, de trouver un état de sérénité et de le prolonger. Cet état est décrit dans le Bouddhisme Zen sous le nom de Satori24 “illumination”, état de conscience caractérisé par la réalisation de l’unité, la disparition des barrières entre soi et l’univers.

Prosélytisme

Bouddha lui-même s’est demandé à un moment donné s’il allait répandre sa parole où s’il allait au contraire demeurer seul au fond de la forêt à méditer jusqu’à la fin de ses jours. Finalement, il s’est décidé à apporter aux autres ce qu’il avait découvert par lui-même, mais il demandait à ceux qui l’écoutaient, de soupeser la valeur de ses discours, de ne pas l’accepter tout simplement par une sorte de politesse ou de respect, mais de juger par eux-mêmes le bien-fondé de ses idées.
Aujourd’hui, la parole du Bouddha est transmise comme jadis, de façon orale, de maître à disciple, génération après génération.
Les groupes bouddhistes ont des sites sur Internet et font connaître leurs initiatives, stages de méditation, colloques, etc., à travers divers moyens publicitaires et des revues spécialisées dont voici quelques exemples :

Actualités tibétaines - Magazine du Bureau du Tibet, 84 boulevard Adolphe Pinard, 75014 PARIS.
www.génération-tao.com
On y trouve beaucoup d’articles sur le Bouddhisme.

www.Bouddhisme-france.org
L’Union bouddhiste de France assure le lien entre les associations bouddhistes et les pouvoirs publics. Son site retranscrit entre autres les émissions de télévision sur le Bouddhisme et donne un éclairage particulier sur le Bouddhisme face aux autres religions.

www.buddhaline.net
Site consacré au Bouddhisme en général, toutes traditions confondues.

Type d’association

En France, les groupes bouddhistes existent sous la forme d’associations loi 1901. Ils appartiennent aux divers courants : tibétain, zen, etc. L’Union Bouddhiste de France a obtenu la reconnaissance des premiers centres non catholiques comme congrégations religieuses (loi de 1905).

Elles sont actuellement au nombre de 9. Nous en avons choisi deux à titre d’illustration :

Congrégation VAJRA DHARA LING, Domaine du Château d’Osmont Aubry-le-Panthou, 61120 VIMOUTIERS
www.vajradhara-ling.com

Congrégation DASHANG RIME Institut Karma Ling Hameau de St Hugon, 73110 ARVILLARD
www.karmaling.org

Voici comment les bouddhistes réussirent à faire reconnaître pour la première fois une de leurs communautés, malgré les limitations de la loi de 1905 :

En janvier 1987 a été instituée à Landrevie une communauté monastique “Karmé Dharma Chakra” de même type que celles existant dans la religion catholique. Cette communauté fit sa demande de reconnaissance officielle. Le dossier a été soumis au Conseil d’Etat par le Ministre de l’Intérieur. Un décret en date du 8 janvier 1988 a accordé la reconnaissance légale à la communauté Karmé Dharma Chakra.

Une telle décision fut d’une importance considérable. Elle confère enfin au Bouddhisme une représentativité auprès des Pouvoirs Publics français, identique à celle des autres grandes religions.25

Financement

Les cotisations et les dons des membres donnent accès aux séances de méditation et aux consultations spirituelles avec les maîtres. Elles permettent aux associations bouddhistes de continuer à fonctionner. Les organisations fixent des contributions pour les adhésions et pour la participation aux séances de méditation et aux retraites religieuses. Les cotisations sont proportionnelles aux services reçus, le prix à payer pour une retraite religieuse dépend de sa durée et l’argent déposé pour des services religieux peut être affecté à d’autres services.

La Scientologie

Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, est né le 13 mars 1911 dans le Nebraska. En 1923, sa famille s’installe à la base navale de Seattle. En 1927, il traverse le Pacifique et va profiter de l’occasion pour se familiariser avec la culture orientale. Il se rendra dans les lamaseries chinoises puis au Japon, sur l’île de Guam, aux Philippines et dans d’autres parties de l’Orient. Ces séjours vont le marquer profondément mais malgré le respect qu’il a pour la sagesse et les traditions orientales, il ne comprend pas pourquoi ces peuples, si évolués d’un point de vue spirituel, pouvaient vivre dans des telles conditions de misère et de détresse.

De retour aux Etats-Unis après 1929, il intègre l’université Georges Washington et s’inscrit à l’un de premiers cours de physique nucléaire. Ses connaissances en mathématiques et ingénierie et son intérêt pour la condition humaine le poussent à chercher les clés des mystères de l’existence et du potentiel spirituel de l’homme. Il émet l’hypothèse que les particules atomiques pourraient fournir des indices sur le processus de la pensée humaine. 26

Ron Hubbard participe à plusieurs expéditions et finance ses recherches par son travail d’écrivain. En 1938, il publie un traité philosophique, Excalibur, où il isole la survie comme seul dénominateur commun de toute existence. Lorsque la guerre éclate, il est nommé d’abord enseigne de vaisseau puis capitaine de corvette. Il servira dans l’Atlantique et le Pacifique sud. En 1945, gravement blessé, il fut hospitalisé à l’hôpital naval d’Oakland en Californie. Il profita de cette occasion pour tester et mettre en application ses théories : “Tout ce que j’essayais de déterminer, c’était si le mental contrôlait le corps ou si c’était le corps qui contrôlait le mental“. Hubbard apporta de l’aide à de nombreuses personnes et utilisa ses procédures sur lui-même, recouvrant complètement la santé dès 1949.

En rentrant à Washington, Ron Hubbard compila ses recherches sur la condition humaine dans un ouvrage intitulé la Thèse originelle. Lorsque le livre la Dianétique fut publié en 1950, il resta sur la liste des best-sellers du New York Times pendant des mois. Ron Hubbard continua ses recherches, réalisa de nouvelles découvertes sur la spiritualité et passa de la Dianétique à la Scientologie. Ses idées se répandirent aux quatre coins du monde.27

Le Credo de l’Eglise de Scientologie28

Nous membres de l’Eglise croyons :
Que tous les hommes, quelles que soient leur race, couleur ou croyance, ont été créés avec des droits égaux ;
Que tous les hommes ont le droit inaliénable d’avoir leurs propres pratiques religieuses et de les exercer ;
Que tous les hommes ont le droit inaliénable de vivre leur propre vie ;
Que tous les hommes ont le droit inaliénable à leur santé mentale ;
Que tous les hommes ont le droit inaliénable d’avoir leur propre défense ;
Que tous les hommes ont le droit inaliénable de concevoir, choisir, assister ou soutenir leurs propres organisations, églises et gouvernements ;

Que tous les hommes ont le droit inaliénable de penser librement, de parler librement, d’écrire librement leurs propres opinions et de se prononcer, d’écrire ou de s’élever contre les opinions des autres ;
Que tous les hommes ont le droit inaliénable de créer leur propre espèce ;
Que les âmes des hommes ont les droits des hommes ;
Que l’étude du mental et la guérison des maladies d’origine mentale ne devraient pas être séparées de la religion, ni tolérées dans les domaines non religieux ;
Et qu’aucun agent autre que Dieu n’a le pouvoir de suspendre ou de négliger ces droits, de façon ouverte ou couverte.

Et nous, membres de l’Eglise croyons :

Que l’homme est fondamentalement bon ;
Qu’il cherche à survivre ;
Que sa survie dépend de lui-même, de ses semblables et de l’accomplissement de sa fraternité avec l’univers.

Et nous, membres de l’Eglise croyons que les lois de Dieu interdisent à l’homme :

De détruire sa propre espèce ;
De détruire la raison des autres ;
De détruire ou d’asservir l’âme d’un autre ;
De détruire ou de réduire la survie de ses compagnons ou de son groupe.

Et nous, membres de l’Eglise croyons que l’esprit peut être sauvé et que seul l’esprit peut sauver ou guérir le corps.

Ethique et moralité

Selon la Scientologie, nous sommes en interaction avec tout ce qui nous entoure et ce qui nous arrive n’est pas le fruit du hasard car nous sommes responsables de notre condition.
Il y a deux textes principaux de référence dans ce domaine : Le Chemin du Bonheur, manuel laïc de bon sens, et Introduction à l’Ethique en Scientologie.

“La tolérance, la clémence, la compréhension et le fait de s’occuper véritablement de l’individu grâce à une technologie décente et efficace de l’éthique constituent un nouvel espoir pour la justice “.29

“Un esprit équilibré voudra d’un monde équilibré. La responsabilité morale et personnelle est un des problèmes majeurs (…) ; la Scientologie encourage une moralité de haut niveau, l’intégrité de l’individu.”30

Guide spirituel

Il n’existe pas de “guide spirituel” proprement dit en Scientologie. En revanche les auditeurs, responsables du conseil pastoral, jouent un rôle important. Un auditeur (quelqu’un qui écoute) est une personne formée pour appliquer les procédés de Dianétique et de Scientologie à des individus, afin qu’ils s’améliorent. L’audition de Scientologie est l’action de poser une question à une personne, d’obtenir une réponse et d’en accuser réception. L’audition est effectuée à l’aide d’un électromètre31, instrument électronique extrêmement précis permettant de parcourir progressivement les différentes étapes de la route spirituelle appelée Pont vers la Liberté Totale. L’audition débarrasse la personne des obstacles qui empêchent ou étouffent ses aptitudes naturelles et elle devient alors plus capable, plus intelligente et plus heureuse.

Méditation

La méditation n’existe pas en Scientologie, mais il y a une pratique, appelée TRs (exercices d’entraînement). Le but du TR 0 est d’entraîner l’étudiant à être là, à l’aise à un mètre d’une autre personne, être là et ne rien faire d’autre que d’être là.32 Ceci est un élément fondamental dans l’accomplissement de n’importe quelle activité comme la concentration dans l’étude, le travail ou la pratique sportive. Cette insistance sur le fait “d’être là” est un point commun avec la pratique bouddhiste.

Etude de l’esprit

La vie est plus qu’un système mécanique… un organisme mort se désintègre en poussière. Cependant, quelque chose a sans doute cessé de faire partie de cet organisme, au moment où il est tout à fait mort. Ce quelque chose a été appelé de différentes manières : l’âme humaine, l’esprit, la force vitale. Bergson l’a appelé “l’élan vital”…
Appelons cette énergie vitale par un symbole, pour l’identifier, nous la désignerons par la lettre grecque thêta et la décrirons comme une énergie existante, séparée et distincte de l’univers physique tel que nous le connaissons.
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L’une des activités de survie fondamentales de thêta est de mettre de l’ordre dans le chaos de l’univers physique (Axiome 9 de Dianétique). Un organisme vivant se compose de matière et d’énergie dans l’espace et dans le temps, animée par thêta” (Axiome 11 de Dianétique).”34 Ron Hubbard

Les vies antérieures

Le sujet des “vies antérieures” est un élément clé de la Scientologie ; cette croyance est très populaire en Orient, notamment chez les hindouistes et les bouddhistes. “Non seulement l’être spirituel peut survivre indépendamment du corps, mais il a aussi habité dans le passé d’autres corps.” En Scientologie, on considère que : “Thêta, c’est la pensée, la force de vie, l’élan vital,” “le Thétan est la personne elle-même, pas son corps ou son nom, pas l’univers physique, son mental ou quoi que ce soit d’autre, ce qui est conscient d’être conscient“.35 La plupart des scientifiques ayant exploré le monde sub-atomique ont exprimé des points de vue spiritualistes, qui tendent à corroborer la notion de la pérennité de la conscience après la mort. Ce fut le cas de Jean Charon, le continuateur de la théorie de la relativité, de David Bohm, le créateur de la théorie de l’univers holographique, de Niel Bhor, des mathématiciens comme Pinel, ou des spécialistes de la biochimie comme Janine Bousquet. En fait, ils ne font que reprendre la thèse des méditations métaphysiques de Descartes, philosophe cité à tort et à travers, mais inconnu sur le fond, car en dehors de son discours de la méthode, qui est certes un monument de la didactique sur le plan formel, il avait évoqué la prédominance de l’âme à l’instar de Saint Thomas d’Aquin.

Purification

Il existe une procédure de Purification : “Les théories et procédures (…) visent uniquement à l’amélioration spirituelle des personnes ayant éprouvé la souffrance mentale et spirituelle de ceux qui se sont adonnés aux drogues ou qui ont été, directement ou par inadvertance, soumis à des substances toxiques “.36 La version laïque de ce programme est utilisée avec succès par des milliers de pompiers, policiers et secouristes de New York, après avoir été intoxiqués par les vapeurs toxiques lors du drame du 11 septembre 2001. Ce programme fut aussi utilisé sur des personnes irradiées, comme l’indique l’expertise ci-dessous :

Depuis l’accident de Tchernobyl en 1986, plusieurs millions de personnes en Russie, en Biélorussie et en Ukraine vivent de façon permanente dans des territoires dont le taux de radiation dans l’environnement est élevé (…). En conséquence, le Centre Médical de Recherche Radiologique de l’Académie de Sciences Médicales de la Russie (MRRCRAMS) a conduit une enquête sur des méthodes permettant de donner une réponse à ces questions. La méthode de désintoxication développée par Ron Hubbard, utilisant des doses contrôlées de vitamines et de minéraux liées à la transpiration produite par un sauna à basse température, a été étudiée par les scientifiques du MRRC en collaboration avec des spécialistes des Etats-Unis et de la Grande Bretagne. La méthode a été efficace pour soulager la plupart des troubles causés par l’accident. Des nodules importants à la thyroïde, enregistrés avant le traitement chez plusieurs patients, ont disparu après le programme“.37

Compassion

En Scientologie, le fait de s’intéresser aux autres et de leur apporter de l’aide fait partie des valeurs clés : “Jugez les hommes d’après ce qu’ils pensent de l’aide (…).38C’est ainsi que le corps des Ministres Volontaires de Scientologie a été crée. Selon Ron Hubbard, “Un Ministre Volontaire est une personne qui aide son prochain de façon bénévole en donnant un but, une vérité et des valeurs spirituelles à la vie des autres“.
Nous vivons dans un monde en proie à des crises multiples. Ces événements, qu’ils soient dus au terrorisme, à la guerre ou à des désastres naturels, sont catastrophiques et génèrent la peur et l’insécurité à grande échelle. L’intolérance religieuse et le racisme viennent s’y ajouter, contribuant à créer une atmosphère de méfiance qui détruit le tissu même de nos communautés. L’immigration est montrée du doigt comme si l’on soupçonnait les étrangers d’être porteurs d’un quelconque fléau social. Les informations diffusées par les médias décrivent chaque jour le cynisme et l’avidité du monde politique. Tous ces éléments contribuent à créer un climat social dangereux. Un autre facteur contribue à saper la confiance de l’homme en son prochain : la délinquance, qu’il s’agisse de crime organisé ou d’actes de violence commis par des bandes de jeunes agressifs (…). A ces problèmes déjà complexes, viennent s’ajouter des questions plus personnelles : le double fléau du chômage et de la pauvreté, auxquels il est urgent de trouver des solutions efficaces. (…) S’agit-il des conséquences inévitables dans une société soi-disant moderne, ou peut-on y faire quelque chose ?” (…). “Depuis plus d’un quart de siècle, le programme des Ministres Volontaires a dépassé les barrières nationales, raciales, politiques et religieuses dans plus de 150 pays afin d’aider les gens à surmonter les bouleversements de l’existence et de restaurer l’ordre, la dignité et le bonheur”. Leur devise est “on peut y faire quelque chose”. Leur action est très appréciée et pour résumer, nous pourrions citer le chef de la police de New York qui s’exprima dans les termes suivants lors des événements tragiques du 11 septembre 2001.” L’organisation, l’attention et le dévouement de vos Ministres Volontaires ont été exceptionnels et très appréciés, et ceux qui ont reçu leur aide s’en souviendront longtemps (…). Je ne remercierai jamais assez les Ministres Volontaires.”39

Motivation

Les scientologues sont motivés parce qu’ils ont eu une prise de conscience d’ordre spirituel en découvrant leur nature profonde. Il s’agit d’un contact avec soi-même et avec la transcendance au-delà de la réalité immédiate, puisé au fond de l’être et donnant un sens aux grandes questions métaphysiques, posées depuis toujours par la philosophie et la religion. Ce sens profond, cette quête d’absolu, on le trouve aussi bien chez les premiers chrétiens, les cathares, les bouddhistes ou les francs-maçons d’autrefois ; chez tous ceux qui, au cours de l’histoire, ont rêvé d’une autre compréhension du monde.
Les scientologues viennent de toutes les couches de la société. Ce qui les motive, ce qu’ils ont en commun, c’est la curiosité, l’envie de savoir et de répondre aux questions fondamentales de la quête de l’homme. Ce n’est pas une tendance politique particulière, une adaptation ou un rejet de la société actuelle, mais plutôt l’envie de partir en voyage vers un continent inconnu : soi-même. Lorsque l’on a mené une recherche pendant des années, à travers les livres et toutes sortes de disciplines [yoga, méditation, arts martiaux…], que l’on voit une lueur de compréhension de soi-même, de la vie et du monde et qu’on entre en contact avec la Scientologie, il y a un choc de taille. Il n’est pas question ici d’une incursion touristique dans le domaine de l’esprit, d’une ballade salutaire dans les allées de l’amélioration personnelle, mais d’un phénomène très différent. Comment expliquer un vécu dans le domaine de la révélation à quelqu’un étranger à une telle expérience ? C’est sans doute aussi difficile que d’établir un dialogue entre un poète et un expert comptable.

L’image d’Archimède sortant nu de son bain et s’élançant dans la rue en criant “Euréka ! j’ai trouvé ! ” est évocatrice à ce sujet et illustre la prise de conscience, le carrefour de l’existence qui détermine le changement de direction de l’individu. C’est dans des moments semblables que les pièces du puzzle se mettent en place, que les grandes décisions sont prises.

Fritjof Capra40 raconte dans le Tao de la Physique une expérience qui a changé sa vie : “J’étais au bord de l’océan, en fin d’été, l’après-midi, contemplant les vagues et sentant le rythme de ma respiration quand soudain, j’ai pris conscience que tout ce qui m’entourait, tout l’environnement était engagé en une gigantesque danse cosmique. Etant physicien, je savais que le sable, les rochers, l’eau et l’air autour de moi étaient constitués de molécules et d’atomes qui vibraient, que ceux-ci étaient constitués à leur tour de particules en interaction qui créaient et détruisaient d’autres particules. Je savais aussi que l’atmosphère terrestre était continuellement bombardée de “ rayons cosmiques ” (…). Tout ceci m’était familier à cause de mes recherches, mais jusqu’à ce moment j’en avais eu seulement l’expérience à travers des graphiques et des théories mathématiques. Pendant que j’étais assis sur cette plage, mes expériences antérieures vinrent à la vie ; j’ai vu des cascades d’énergie venant de l’espace intersidéral dans lesquelles les particules sont créées et détruites dans une pulsation rythmique (…). J’ai “vu” les atomes des éléments et ceux de mon corps participant à cette danse cosmique d’énergie, j’ai senti son rythme et j’ai “entendu” le son et à ce moment-là, j’ai su que c’était la danse de Shiva, le Seigneur des Danseurs adoré par les hindous“.

Cette expérience est très significative car il s’agit de celle d’un scientifique occidental, qui, sans le vouloir, a vécu une prise de conscience comparable à celles décrites par les bouddhistes ou les scientologues.

Dans le cadre de cette voie initiatique et de la découverte de cette terre inconnue, la notion de l’univers matériel s’en voit transformée ; la personne n’a pas la même conception de l’espace-temps, elle conçoit qu’il existe une notion d’infini que l’on a souvent associée à la perception de Dieu. Dans cet élargissement de la conscience, le parcours spirituel prend une place prépondérante et l’importance des choses matérielles devient relative.

Prosélytisme

Les scientologues sont désireux de partager ce qu’ils ont appris et vécu en Scientologie. Ils le font connaître autour d’eux par le contact personnel, des livres, des dépliants etc. ou en renvoyant les personnes intéressées sur le site www.scientology.org. Très souvent, les gens viennent à la Scientologie après avoir lu des livres comme La Dianétique ou parfois après avoir fait des tests dans la rue qui montrent des aspects de la personnalité pouvant être améliorés. Le bouche à oreille est un facteur important, il concerne les personnes ayant fait un cours ou reçu de l’audition qui en sont contentes et qui voudraient partager leurs acquis avec d’autres.

Type d’association

En France, les Eglises et Missions de Scientologie existent sous forme d’associations. Voici les plus importantes avec leurs cordonnées :
Association Spirituelle de l’Église de Scientologie d’Ile de France
7 rue Jules César
75012 PARIS
www.scientologie-paris.org

Association Spirituelle de l’Église de Scientologie Celebrity Center,
69 rue Legendre, 75017 PARIS
www.scientology-ccparis.org

Il y a d’autres églises à Lyon, Clermont, St Etienne, Angers, … et quelques missions à Bordeaux, Marseille, Nice, Toulouse, Vannes, Montpellier et Avignon…

Financement

La Scientologie est entièrement financée par les cotisations et contributions de ses membres. Elle ne bénéficie d’aucun soutien de l’Etat, ne reçoit aucune subvention et ne dispose pas de locaux mis à sa disposition.41 Dans la plupart des pays, elle est exonérée d’impôts, soit en tant qu’organisation religieuse, soit en tant qu’organisation à but non lucratif. Les Eglises et les missions de Scientologie sont autonomes et indépendantes financièrement.

Conclusion

Le Bouddhisme et la Scientologie ont de nombreux points communs, ce qui les différencie n’est pas leur but, mais plutôt la manière d’y parvenir, autrement dit la méthodologie. Ainsi, dans le Bouddhisme, dont l’héritage est oral, les différentes écoles, à l’exception du Bouddhisme Théravada42 se sont éloignées de l’enseignement originel en apportant des éléments nouveaux qui se sont superposés à l’enseignement de Bouddha. En 2500 ans de transmission orale de maître à disciple, il n’est pas étonnant qu’on soit confronté à des changements et des interprétations différentes, car chacun y met sa vision personnelle en s’éloignant parfois du message originel. Il faut dire que Siddhârta Gautama comme Socrate ou Jésus n’a pas laissé de trace écrite de son enseignement. Ses paroles ont été transmises surtout de façon orale et les écrits traitant de sa vie et de son œuvre sont postérieurs à sa mort.

La transmission en Scientologie est très différente, il n’y a pas de guru43 ou de maître qui transmet un savoir. Contrairement aux écrits bouddhistes ou chrétiens, les matériaux de Scientologie ont été écrits par le fondateur Ron Hubbard et publiés de son vivant. Ils comprennent de nombreux livres, films, articles et conférences que les scientologues tiennent à préserver dans leur authenticité. Ils les étudient à leur rythme, en dehors de toute exégèse44 en allant simplement à la source. De cette manière, la Scientologie est étudiée et mise en pratique de façon uniforme partout dans le monde.

En revanche, dans le Bouddhisme il y a des routes multiples, correspondant à ses nombreuses écoles et divers maîtres. En Scientologie, il y a une seule voie, tracée, étape par étape de façon graduelle et détaillée : le Pont vers la Liberté Totale. La Scientologie est née au XX°siècle, elle utilise un outil électronique de grande précision, l’électromètre, dont la technologie était inconnue au siècle dernier. Cet outil permet d’avancer et de vérifier les étapes de la progression spirituelle ; cela explique pourquoi des théologiens chrétiens comme Franck Flynn ont dit que la Scientologie était le Bouddhisme du XX° siècle.

Les bouddhistes croient en la nature spirituelle de l’être humain et considèrent que l’être n’est pas son corps, mais qu’il habite celui-ci le temps de chaque réincarnation afin d’accomplir la loi du Karma. Ils croient que l’être se perfectionne par un travail sur lui-même jusqu’au moment où il atteint le Nirvana et n’a plus besoin d’un corps. Il y aurait donc une évolution spirituelle allant d’une conscience assez grossière à la perfection spirituelle.

Pour la Scientologie, il y aurait une spirale descendante, les êtres n’étant que l’ombre de ce qu’ils étaient jadis. Ainsi, “les scientologues affirment qu’avant la naissance de l’univers, il existait des esprits appelés thétans. (…) Depuis, ils ont oublié leur véritable identité spirituelle et croient être les corps dans lesquels ils se réincarnent. On trouve là une version du drame grec antique où les dieux se mêlent aux affaires humaines et s’y piègent ainsi qu’une version gnostique de la chute d’Adam et Ève où le Parfait tombe dans l’imperfection“.45

La Scientologie traite les facteurs d’aberration qui font obstacle à l’évolution spirituelle, en s’adressant à l’homme en tant qu’être spirituel (le thétan) ; elle ne s’adresse pas à une sorte d’animal ou de machine à excitation-réflexe comme le feraient certaines écoles de psychiatrie ou de médecine, elle s’adresse à l’être spirituel pour qu’il devienne plus conscient de lui-même et de ses multiples rapports avec les autres et l’univers.

Les moines bouddhistes parviennent à une certaine sérénité par le fait de s’éloigner des distractions du monde, par un niveau d’éthique très élevé et par la méditation, mais ils n’ont pas de technique pour défaire l’aberration humaine, ils arrivent à s’en déconnecter en créant les conditions extérieures propices à la paix intérieure.

Les scientologues ne se coupent pas du monde mais y participent activement en déracinant les facteurs d’aberration qui ont une influence négative sur leurs vies, de façon à pouvoir agir de manière positive dans leur entourage. “L’enfer, c’est les autres” disait Sartre. Je suis intimement convaincu du contraire, l’enfer c’est soi-même coupé des autres”. L’Abbé Pierre. 46

La société devient de moins en moins spirituelle et de plus en plus matérialiste. Il est indéniable que le XX°siècle nous a apporté la suprématie de la science sur la religion, cependant cette science ne correspond pas au rêve du siècle des lumières, elle est devenue un vecteur de destruction et d’asservissement de l’homme, aux mains des complexes industriels et pharmaceutiques, écrasant toute notion d’humanisme. C’est dans ce contexte très cynique et proche de la politique-fiction de Georges Orwell47 que se développe une quête de sens, loin du discours matérialiste et des religions traditionnelles.

1 _Voir annexe V sur l’application de la Scientologie par les moines bouddhistes du “Temple du Singe” au Népal.

2 _Scientologues bénévoles, qui ne font pas partie du personnel des Eglises et qui agissent dans la société pour aider les autres ; par exemple, lors des attentats terroristes à New York et à Londres, ou lors du passage du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans.

3 _RINPOCHE Sogyal, Le livre tibétain de la vie et de la mort, Editions de la Table Ronde, Paris 1993.

4 _His Holiness The Dalai Lama, Essential Teachings, Souvenir Press, 43 Great Russel Street, LONDON WC1B3PA. 1995 pp 117 (ISBN 0 285 63273 6).

5 _Dharma : l’enseignement religieux, les méthodes permettant de libérer les êtres dotés d’une conscience, du cycle des naissances. Les enseignements bouddhistes sont connus sous le nom de Bouddhadarma.

6 _Boddhi : Terme sanscrit signifiant “éveil”, dernier stade avant d’accéder à la connaissance des Bouddhas.

7 _His Holiness The Dalai Lama, Essential Teachings, Souvenir Press, 43 Great Russel Street, LONDON WC1B 3PA. 1995 pp 117-117 (ISBN 0 285 63273 6).

8 _Les quatre “seaux” de Bouddha, Ibidem, p. 111.

9 _Impermanence : caractéristique de ce qui ne perdure pas dans sa forme.

10_ Agrégat : Toutes les choses sont des agrégats car elles sont une agrégation de leurs parties. Une personne a cinq agrégats : forme, sentation, discrimination, des facteurs composants et de la conscience. L’agrégat de la forme d’une personne est son corps. Les quatre autres agrégats sont des aspects de son esprit.

11 _Mantra : formule sacrée, chantée de façon répétitive pendant la méditation.

12 _Mandala : Carte spirituelle représentant les centres d’énergie de l’homme (chakras).

13_ Le pâli ou pali est une langue indo-européenne parlée autrefois en Inde. Il est encore utilisé comme langue liturgique dans le bouddhisme theravâda. (http://fr.wikipedia.org)

14_ Egalité d’humeur, sérénité

15 _André Bareau, docteur ès lettres, professeur au collège de France, directeur d’études de Philologie bouddhique à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, est l’un des plus grands spécialistes actuels du Bouddhisme. Il est l’auteur de “Bouddha” (1962), publié chez Seghers et de « En suivant Bouddha », Editions Philippe Lebaud (1985).

16 _Sa Sainteté le Dalaï Lama, Tenszin Gyatso, Le Yoga de la Sagesse, Presses du Châtelet, Chartres 1999

Extraits de la préface et des chapitres “Introduction à la pratique” et “préliminaires”.

17 _His Holiness The Dalai Lama, Essential Teachings, Souvenir Press, 43 Great Russel Street, LONDON WC1B 3PA. 1995 pp 142-143 (ISBN 0 285 63273 6).

18 _Ibidem, p. 33.

19 _ Ibidem, p. 70.

20 _L’explication de la naissance de l’univers.

21 _Ibidem, p 30.

22 _His Holiness The Dalai Lama, Essential Teachings, Souvenir Press, 43 Great Russel Street, LONDON WC1B 3PA. 1995 p 32 (ISBN 0 285 63273 6).

23 _Ibidem, préface.

24 _Satori : du japonais satori, connaître.

25 _ © Union Bouddhiste de France, 2005.

26 _Jean Charon, le continuateur d’Einstein et le fondateur de la théorie de la relativité complexe, a développé une théorie dans ce sens : les électrons (éons) auraient des propriétés psychiques et contiendraient l’esprit.

27 _ Qu’est-ce que la Scientologie ?, New Era Publications, Copenhague , 1998, pages 85-129.

28 _Ibid. p. 728-729.

29 _Introduction à l’éthique de Scientologie. HUBBARD Ron, New Era Publications, Copenhague, 1998, p 414 avant-dernier paragraphe.

30 _Expertise du professeur G. C. COSTHUISEN, docteur en Philosophie et en Théologie, directeur du département des Sciences de la religion de l’Université de Durban en Afrique du Sud.

31 _ Électromètre : appareil religieux qui détecte les zones chargées émotionnellement.

32 _Le Manuel de Scientologie. Page 166, Éditions New Era, 1994.

33 _Science de la Survie p. 13 & 14. Ed. New Era, Copenhague, 2001. ISBN 87 – 7816–903-8.

34 _Qu’est-ce que la Scientologie ? Page 749, New Era Publications, Copenhague, 1998.

35 _Dictionnaire technique de Dianétique et de Scientologie, déf. 9 du mot “thétan”.

36 _La Purification, une réponse illustrée aux problèmes des drogues , note au lecteur p. 8 Ron Hubbard, Ed. New Era, Copenhague, Danemark, 1985.

37 _Extrait du rapport du programme.

38 _Citation de Reorganisation, texte interne du 28 mai 1964, par Ron Hubbard.

39 _Les citations proviennent de la brochure Agir en Société en aidant les autres, Eglise de Scientologie Internationale, Bureau des Droits de l’Homme, 91 rue de la Loi Bruxelles, Ed. R. R. DONNELY & Sons, 2004

(On peut télécharger la brochure sur le site www.scientology.org).

40 _Physicien nucléaire à l’université de Berkeley, Californie, auteur du The Tao of Physics, Ed 1991, CIBM Glasgow GB.

41 _Depuis la loi de 1905, les locaux des églises catholiques appartiennent à l’Etat et font partie du patrimoine, mais sont mis à la disposition du clergé pour le culte et la vie associative.

42 _Voir description au début de cette étude.

43 _ Mot sanscrit qui signifie maître spirituel, il a été déformé par les intégristes de la laïcité en France lui donnant une connotation péjorative qui est inexacte étymologiquement et injustifiable du point de vue juridique et historique.

44 _Exégèse : l’explication, le commentaire, spécialement des textes sacrés.

45 _DERIQUEBOURG Régis, Croire et guérir, Editions Dervy, Paris, 2001, ISBN 2-84454-076-7. Page 139.

46 _Cité par : http://mandala.skynetblogs.be/ le 28 janvier 2007.

47 _Auteur de Nineteen eighty-four “1984″, ouvrage de fiction décrivant un monde totalitaire à la fin du XX siècle, après la guerre atomique.

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